« Connaitre, ce n’est point démontrer, ni expliquer, c’est accéder à la vision »

Antoine de Saint-Exupéry

vendredi 2 février 2018

LE PERSONNE AU TRAVAIL

Pierre Yves Gomez, économiste, Docteur en gestion et professeur à EMLYON Business School, a écrit un très bel ouvrage sur « l’intelligence du travail » dans lequel il remet les choses en perspectives.

Avant d’être un consommateur, l’Homo Economicus est un producteur. La société de consommation nous a fait perdre cette réalité première. Selon lui, ce qui est à l’origine du lien social, ce n’est pas, comme nous le laisse croire la société de consommation, notre capacité à consommer toujours plus, mais notre capacité à produire, à réaliser une œuvre à travers la mise en œuvre d’un travail porteur de sens et socialement reconnu. Et il en veut pour preuve que la perte de toute activité est la première cause de désocialisation.

Le bonheur passe donc par le travail

Voici sa définition du travail : « J’appelle travail l’activité de l’être humain qui, confronté à des contraintes, produit selon un projet déterminé, quelque chose pouvant servir à d’autres ».

Ce qui donne sa valeur au travail selon lui, c’est ce que l’on peut répondre lorsque l’on pose la question suivante : « A quoi cela sert il ? ».

Pour Pierre Yves GOMEZ, cette valorisation n’est donc pas nécessairement financière. Il englobe dans sa réflexion le bénévolat ou toute situation dans laquelle une personne agit pour lever une contrainte.

La mère de famille qui conduit son enfant à son cours de sport réalise, selon lui, un travail. La contrainte dans ce cas est la distance et le temps imparti pour réaliser le trajet. Conduire son enfant en voiture limite le temps nécessaire au déplacement et diminue la contrainte de la distance.

Il va même plus loin en développant l’idée selon laquelle la contrainte financière qui encadre le travail en entreprise lui a fait perdre son sens. Le bénéfice financier en l’emportant sur la nature et la finalité du travail réalisé a créé les conditions d’une aliénation du travailleur à la dimension économique de l’entreprise. Elle en a fait un consommateur en lieu et place d’un producteur

Pour produire un travail humain, il faut donc : des contraintes, un projet déterminé, une action et un résultat valable.

Le travail humain consiste alors à analyser les informations reçues, les mettre en perspective avec le projet, puiser dans ses ressources intellectuelles et en particulier sa mémoire pour imaginer une solution adaptée à la situation, faire appel à ses ressources spirituelles et sa capacité créatrice pour donner de la valeur à son action puis agir pour obtenir un résultat.

Dans le cas de l’enfant qui doit se rendre à son cours de sport, la meilleure solution, celle qui sera peut-être là plus moralement satisfaisante, c’est éventuellement de laisser l’enfant se rendre seul à vélo à son cours de sport pour qu’il développe ainsi son autonomie.

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